Aliénation, suicide : on sait bien, depuis Souffrance en France, que le travail peut produire le pire. Mais qu'il puisse aussi générer le meilleur, qu'il puisse être facteur d'accomplissement de soi et d'émancipation, une majorité de gens en doutent. C'est pourtant la voie explorée dans ce livre qui propose, grâce à une théorie nouvelle du travail, de penser politiquement l'organisation de celui-ci.
Le premier tome analyse les rapports entre travail, corps et sexualité. Il montre que le travail de production est une épreuve pour la subjectivité tout entière d'où peuvent émerger de nouvelles habiletés, à la condition toutefois que cette épreuve soit relayée par un deuxième travail, de soi sur soi, ou de transformation de soi.
Le deuxième tome montre que l'organisation du travail a des incidences qui vont bien au-delà du seul monde du travail. Au travail, on peut en effet apprendre le respect de l'autre, la prévenance, la solidarité, la délibération, les principes de la démocratie. On peut aussi y apprendre l'instrumentalisation de l'autre, la duplicité, la déloyauté, le chacun-pour-soi, la lâcheté, le mutisme. De sorte que l'organisation du travail s'offre toujours comme un lieu d'apprentissage de l'implication ou de la désertion des espaces politiques...
Une théorie du travail de Christophe Dejours soutenant la thèse de sa centralité politique, c'est-à-dire de son rôle dans l'élaboration des rapports de civilité.
Dans la mesure où la violence trouve ses ressorts dans la sexualité, elle implique d'examiner au niveau de l'individu la double centralité de la sexualité et du travail. La clef du paradoxe de la double centralité se trouve dans les pouvoirs du corps.












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